Archive pour la catégorie 'Etudes'

La Satire dans l’antiquité – 2

ChapiteauLangogne

On connaît des dénominations gaéliques pour des variétés de satire dans le monde celtique païen, grâce au travail des copistes irlandais au cours du moyen-âge.

Ainsi, il est fait référence de quatre appellations en fonction des circonstances :

imbas forosnai,

glam dicinn,

teinm laegda,

dichetal do chennaib cnaime.

Il semble que l’usage de ces types de satire élaborée soit exclusivement réservé à la classe sacerdotale suprême, c’est à dire aux druides.

L’imbas forosnai est traduit en français par « la très grande science qui illumine ».

Le glam dicinn, que j’ai évoqué dans l’article La Satire dans l’antiquité, est donc « la malédiction extrême » ou « le cri ».

Le teinm laegda est « l’illumination du chant ».

Le dichetal do chennaib cnaime est « l’incantation par les bouts d’os » (!).

Cette dernière appellation est métaphorique : il faut comprendre par « les bouts des doigts ».

De ces distinctions, on ne sait pas grand chose quant à leurs modes d ’exécution, leurs techniques et surtout leurs différences et leurs champs d’application.

Ce qui peut attirer notre attention sur l’importance de ces exercices diffamatoires, dans la vie sociale des Celtes, est le qualificatif du druide officiant, véritable expert en la matière : corrguinech, c’est à dire « la pointe qui blesse » !

On imagine bien le pouvoir des mots dans la bouche du druide, pour détruire socialement un ennemi, un banni, ou quelque paria honni du clan.

Il est intéressant de constater encore l’usage des métaphores et des images éloquentes dans ces sociétés archaïques.

 

(cf également à ce sujet les articles  : De l’éloquence, Le lien historique entre poète et guerrier )

Publié dans:Etudes, L'Antiquité |on 5 avril, 2021 |Pas de commentaires »

Le centre chez les Celtes (ou le nombril du monde)

Impression

La notion spatiale de centre est attestée chez les peuples celtes dans la mythologie et grâce à l’archéologie. Elle représente dans la spiritualité païenne la concentration de l’essence sacrée. De ce lieu, plus symbolique que réellement géographique, doit sortir l’axe du monde tant vénéré par les sociétés pré-chrétiennes.

La mythologie irlandaise relate un rite archaïque lors de la quatrième invasion de l’île :

« Trouvant le pays inhabité, ils [les fils de Déla] se le partagèrent en cinq parts égales, dont les bords se rencontrent à une certaine pierre dans le Meath […]. Cette pierre est appelée l’ombilic de l’Irlande, comme si elle était placée juste au centre du pays. Et c’est pourquoi cette région d’Irlande s’appelle Meath-Media, parce qu’elle est située au milieu de l’île. Les cinq frères […] partagèrent donc l’île en cinq parts, de telle sorte que chacune d’entre elles possède une petite portion du Meath, touchant la pierre dont j’ai parlé. »

Ainsi l’ombilic exprime bien le nombril du pays, c’est à dire son centre. La pierre dont il est question est sans doute érigée en un lieu propice aux réunions sacrées et ne représente pas le centre géographique du territoire ( « comme si elle était placée juste au centre du pays ») à proprement parler. Nous sommes donc face à un marqueur symbolique, gage d’harmonie et d’équilibre entre les clans.

Il est à noter que la pierre peut prendre la forme d’un arbre en tant que pilier cosmique du monde. On connaît d’ailleurs dans les traditions germaniques l’importance du frêne sacré. Les Celtes ont désignés leurs espaces sacrés (« nemetons ») dans des bosquets ou forêts primaires.

César , dans la Guerre des Gaules, indique aussi un centre, « consacré, au pays des Carnutes , et arbitrent les différends entre particuliers ou entre la soixantaine de peuples qui forment cette mosaïque bigarrée qu’est alors la Gaule ». Ce lieu décrit sans doute un des pôles sacrés des Gaulois dans la mesure où il en existait sans doute d’autres, mobiles et connectés les uns aux autres en fonction des territoires conquis par les Romains.

Le centre du (ou des) monde(s) fonctionnait symboliquement dans les sociétés païennes européennes. Son marqueur, l’arbre ou la pierre dressée, concentrait le Sacré des peuples. Charles Drekmeier insiste sur la notion religieuse commune aux Celtes :

« Ce qui fit l’unité des mondes celtiques fut plus certainement la religion qu’une forme de régulation politique, à l’instar de l’Inde ancienne.»

Le nombril du monde est donc la représentation allégorique d’un espace central et commun à toutes les communautés ethniques du territoire partagé, qui semble relier les peuples à leurs mythes fondateurs et à leurs ancêtres, comme l’ombilic relie la mère à l’enfant.

Publié dans:Etudes, L'Antiquité, Le Haut Moyen-Age |on 27 mars, 2021 |1 Commentaire »

Les kenningar dans l’épopée

BersekrEchec

Dans la saga islandaise dédiée à Grettir, un poème épique attire l’attention tant son élaboration est savante.

Après avoir combattu et vaincu un guerrier ours (ou « berserkr », voir à ce sujet La métaphore de la transe chez les Vikings , Le totémisme comme symbole des clans celtiques, L’origine de l’association de l’ours à la fonction royale…) Grettir déclame une visa qui prend cette forme :

 

« La bosse du combat

Du fervent de la bataille

Sur quoi j’appuyai l’épine de ma cheville

S’enfonça dans la porte à vivres de Snaekollr ;

Ainsi fendit en deux

Le terrain de sa denture

Le mur bardé de fer du passage des dards

Que les mâchoires lui tombèrent sur la poitrine. »

 

Avant de trouver le sens des kenningar du poème, il est bon de rappeler que le héros a terrassé le guerrier ours prénommé Snaekollr en lui enfonçant le bouclier dans la bouche, ce qui a provoqué l’arrachement de son maxillaire inférieur.

Ainsi, l’expression « fervent de la bataille » désigne le guerrier.

« La bosse du combat » est sans doute le bouclier et son umbo (pièce ronde métallique et concave au centre).

« L’épine de la cheville » représente le pied. Grettir s’en sert pour asséner son coup fatal.

« La porte à vivres » désigne la bouche !

« Le terrain de la denture » est une formule pour le visage ainsi que le « mur bardé de fer » (parce que recouvert du casque).

Les kenningar sont tantôt associés à la magie et l’ésotérisme, tantôt à la commémoration mais aussi, comme ici, aux passages épiques qui ont constitués la mémoire collective des clans.

Publié dans:Etudes, Le Moyen-Age |on 23 janvier, 2021 |Pas de commentaires »

Le symbole païen du balai dans la tradition folklorique

sorciere

Une imagé d’Epinal commune représente les sorcières chevauchant des balais pour s’élever dans les airs.

L’une des origines de cette image aseptisée viendrait de la pratique chamanique telle qu’elle se pratiquait dans les sociétés archaïques païennes de l’Europe et qui ont perduré en Sibérie. Plusieurs études et recherches anthropologiques ont permis de trouver des points communs à cette pratique sur la zone géographique eurasienne.

D’abord, le rituel se fait à l’intérieur d’une yourte ou s’érige un mât central, symbole d’axe du monde. Sur ce pilier en bois, sont gravés des encoches correspondantes aux différents mondes que doit traverser le chamane. Le pilier va ainsi jalonné sa transe, et devient le support lui permettant son voyage astral. Par extension et déformation folklorique, le mât va devenir un balai dans l’imagerie médiévale, sur lequel les chamanes (femmes) devenues des sorcières (sourcières) vont s’envoler dans d’autres mondes en communiquant avec les esprits.

Ensuite, on peut trouver des traces de ces pratiques en Europe de l’ouest, particulièrement dans les îles britanniques où certaines traditions sont restées vivaces à travers les époques. Ainsi, le symbole du balai devient une clé ouvrant la porte des mystères, encore au XVIIIème siècle où cette association apparaît dans plusieurs ouvrages ésotériques.

Aussi, les cérémonies de mai dans le comté du Sussex mettaient en scène encore au XXème siècle des danseuses portant un balai avec des partenaires masculins affublés de fourche. Cette tradition issue du moyen-âge et attestée par les imageries des déambulations carnavalesques symboliserait la transe des guérisseuses de l’époque.

Dans la branche germanique de la tradition, on constate que le balai est associé au tonnerre. Ainsi, le Donnerbeson (balai de tonnerre) était utilisé pour se préserver de la foudre. Ce symbole a été gravé sur le porche de vieilles maisons en Allemagne. Il apparaît également au sud de Londres dans des bâtisses de l’époque édouardienne (Abbey Wood).

Toujours en Angleterre, le Dasgubell Rodd ou « balai du présent » sert à balayer toute chose dissimulant la vérité dans les contes. Le terme serait issu de la tradition bardique selon certaines sources.

En reconstituant le puzzle des traditions européennes, on constate que le balai est devenu une métaphore pour symboliser le support de la transe chamanique et l’accès aux mystères du monde.

Publié dans:Etudes, Le Moyen-Age |on 19 décembre, 2020 |2 Commentaires »

Apollon et ses attributs

Quand Apollon arrive au monde, il déclame des vers qui seront interprétés comme annonçant les oracles de Delphes :

« Qu’on me donne ma lyre et mon arc recourbé.

Je révélerai aussi dans mes oracles les desseins infaillibles de Zeus. »

Ainsi, le culte rendu au sanctuaire grec, où la Pythie (prophétesse) rapportait la voix du dieu en répondant aux interrogations du peuple, est annoncé par cette formule.

Georges Dumézil, l’inventeur de la mythologie comparative et de la révélation des archétypes mythologiques dans l’hypothèse indo-européenne, pense trouver dans ces vers deux des trois fonctions qui organisent les sociétés archaïques.

La lyre pourrait ainsi symboliser la communication entre les hommes et les dieux, la parole et le chant sacrés, la musique qui élève ou qui apporte la transe ; dans cette communication mystique, il s’agit de mettre en harmonie les deux mondes ; on la classe donc dans la fonction sacerdotale.

L’arc représenterait alors la fonction guerrière.

L’ambivalence d’Apollon est ainsi mise en lumière par ses deux attributs. Il est tantôt le dieu de la divination (et de la pureté pour les Orphistes) et tantôt le dieu qui apporte la terreur. Dans l’Iliade, il devient redoutable quand on le voit armé de son arc pour venger son prêtre, maltraité par les Grecs. Un poème de l’Hymne homérique parle de lui ainsi :

«  Tous (les dieux) se lèvent de leur siège à son approche, lorsqu’il tend son arc illustre. »

L’image d’Apollon nous apparaît alors plus subtile dans cette duplicité. Il est le maître des purifications et et de l’harmonie dans le monde ; toutefois c’est à lui que les hommes attribuent les fléaux qui les frappent : maladie, mauvaise récolte, sécheresse,… et c’est à lui qu’ils ont recours pour en obtenir la fin. Dieu protecteur et ravageur, les métaphores de la lyre et de l’arc dessinent parfaitement les contours de sa fonction vitale dans le monde des hommes.

Publié dans:Etudes, L'Antiquité |on 15 novembre, 2020 |Pas de commentaires »

L’image du masque à travers deux divinités

Masque

Entre toutes les formes cultuelles que prend la figure de Dionysos, le masque est particulièrement remarquable. Il apparaît sur certains vases dans la région de l’Attique en Grèce. Suspendu par un mât ou par une colonne, il est souvent accompagné d’un drapé. Cette scène laisse penser que le dieu est à la fois absent et présent à travers le vêtement vide. Ainsi par extension, on peut supposer que Dionysos offre à ceux qui le reconnaissent une image de l’Autre et de celui qui rend autre…

On le sait, Dionysos incarne la folie ; mais dans une certaine mesure uniquement. Tel Apollon qui peut à la fois envoyer le mal et le guérir, Dionysos est celui qui rend fou et qui sait guérir de la folie. Il est l’antagoniste d’Apollon. Souvent lié à cette divinité, on peut imaginer que le culte rendu consistait en un véritable parcours initiatique des ténèbres (Dionysos est une entité chtonienne) vers la lumière (le rayonnant Apollon).

Dans le contexte archéologique et historique, on sait que les phénomènes de transe du culte dionysiaque rentraient dans les comportements sociaux ritualisés, notamment en groupes. Les parades et déambulations masquées en sont les caractéristiques les plus profanes.

Il est troublant de constater les liens avec le dieu au masque du panthéon germanique Wodan (Odin chez les Scandinaves). Dieu du changement d’état par excellence, Wodan incarne la transe chamanique et les extases qui en découlent. Représenté masqué sur de nombreuses pierres commémoratives, la mythologie germano-scandinave le surnomme Grimr, contraction de « grimnir », qui signifie précisément le Masqué. L’un de ses supports aux voyages chamaniques est son cheval à huit pattes Sleipnir. Or, il est curieux d’observer les représentations de Dionysos chevauchant un félin, évoquant ainsi la même allégorie du voyage astral.

Ainsi, à l’échelle continentale et à des époques éloignées les unes des autres de plusieurs siècles, on peut appréhender une forme archétypale de divinité de la transe à travers des symboles et des métaphores liées à la pratique du chamanisme. Le masque en est la figure la plus emblématique.

 

Dionysos

 

La pierre commémorative

Sigurd

 

Dans les « Dits du Très Haut » ou Havamal, qui est un codex renfermant les préceptes du dieu germano-scandinave Odin, une strophe fait état de l’importance du lignage :

« Mieux vaut avoir un fils

Même s’il naît trop tard,

Après la mort de son père;

Rarement pierre commémorative

Ne se dresse au bord du chemin

Si le parent ne l’érige au parent. »

Cette allégorie de la pierre commémorative renvoie au devoir de mémoire du clan. Comme le prétendait l’auteur Jan de Vries, la plus petite unité de la société germanique est le lignage et non l’individu. Ainsi, on prend conscience que l’individu n’a de consistance et de crédit qu’en qualité de membre d’une communauté lignagère. C’est pourquoi l’une des premières questions que les païens de l’Europe pré-chrétienne posaient à un inconnu était : « De qui es-tu le fils ? ». Sa réponse permettait de lui assigner sa place inaliénable.

La lignée père/fils dont il est question dans cette strophe, plutôt sobre dans sa forme, renvoie ainsi au culte des ancêtres. Le fil génétique devait perdurer dans les générations ; les actes des aïeux devaient résonner dans le présent des descendants. C’est donc un travail de mémoire que le clan effectuait pour entretenir la réputation d’une famille. Laver son honneur en vengeant ses parents représentait une option légale et justifiée. Les descendants ne devaient pas vivre dans la honte ou être victimes de mauvaise réputation. Le lignage demeurait donc un héritage lourd mais garantissant le rang social.

 

Publié dans:Etudes, Le Moyen-Age |on 26 septembre, 2020 |1 Commentaire »

L’œuf de serpent

L’image de l’œuf originel est présente dans plusieurs traditions d’origine indo-européenne.

Dans l’Antiquité, les Orphistes (dont j’ai déjà parlé dans le blog, voir à ce sujet Un rite plurimillénaire) contestent et refusent les règles politico-religieuses de la cité grecque. Les récits de tradition orphique, dont on a trouvé des extraits sur des fragments de tablettes en os à Obia sur les bords de la mer Noire, placent à l’origine une puissance primordiale, le Temps ou la Nuit. De ces dernières vont sortir un œuf qui donnera à son tour naissance à Eros (le dieu de l’amour mais aussi le désir amoureux).

On peut imaginer que cette croyance soit un artefact de la mythologie pélasge, antérieure aux grecs, et dont le mythe rappelle sans équivoque celui des Orphistes. En effet, la grande déesse primordiale, Eurynomé créa l’Océan sur lequel elle se mit à danser. Puis à l’aide de la force du Vent du Nord (divinité) elle façonna un serpent nommé Ophion. Elle s’unit à lui puis se transforma en colombe. Elle couva alors sur les vagues l’œuf qu’elle avait pondu. Ophion s’enroula sept fois autour de cet œuf qui, en se brisant, donna naissance à tout ce qui existe.

De la même façon on trouve chez les peuples celtes une cosmogonie parallèle que les druides perpétuent à travers des rites. Pline l’Ancien témoigne de ses observations : « Il est une espèce d’œuf, oubliée par les Grecs, mais en grand renom dans les Gaules : en été, des serpents innombrables se rassemblent, enlacés et collés les uns aux autres par la bave et l’écume de leur corps ; cela s’appelle œuf de serpent. Les druides disent que cet œuf est projeté en l’air par les sifflements des reptiles et qu’il faut le recevoir dans une saie avant qu’il touche la terre. J’ai vu cet œuf : il est de la grosseur d’une pomme ronde moyenne et la coque en est cartilagineuse, avec de nombreuses cupules, comme celles des bras des poulpes. Il est célèbre chez les druides. On en loue l’effet merveilleux pour le gain des procès et l’accès auprès des rois… »

En Inde, de vieux textes en sanskrit évoquent un « cosmos en forme d’œuf ». L’étymologie du mot signifiant l’origine du cosmos (Brahmanda) peut se décomposer en deux termes sanskrits « Brahman » qui veut dire cosmos et « Anda » qui veut dire œuf.

L’image de l’œuf dans les traditions indo-européennes représente donc un archétype de la cosmogonie. Il se trouve à l’origine de la création de l’univers et dans les récits perpétuant le mythe fondateur du cosmos. Devenu symbole, il alimente les vieux mythes et les croyances populaires.

oeufdeserpents

 

Publié dans:Etudes, L'Antiquité |on 18 juillet, 2020 |Pas de commentaires »

Le dieu du tonnerre et son valet

ThorEtThjalfi

Dans la mythologie germano-scandinave, il est commun de voir les exploits guerriers du dieu Thor. Ce dernier apparaît de temps en temps accompagné d’un valet ou d’un second, lui permettant de vaincre complètement ses ennemis.

On retrouve sur certains tambours lapons dédiés aux chamanes, des figures de cette liaison entre la divinité au maillet et son valet. Le mythographe danois Axel Olrik en fait référence dans son étude Le dieu du tonnerre et son valet.

Dans un des mythes les plus célèbres, c’est Thjalfi, le valet de Thor, qui intervient favorablement pour lui attribuer la victoire dans le combat qui l’oppose au géant Hrungnir. Thjalfi arrive le premier sur les lieux du duel et alerte le géant que Thor envisage de surgir par la terre. Hrungnir, confiant, change donc l’emplacement de son bouclier pour le disposer sous ses pieds. Thor apparaît alors dans le ciel et peut aisément fracasser le crâne du géant. Certains pétroglyphes (comme illustré plus haut) évoquent cet épisode. La victoire de ce combat héroïque est due partiellement à la ruse d’un simple mortel.

On constate ainsi qu’à travers les supers pouvoirs d’une divinité, l’action de l’homme peut interférer dans l’issue de ses hauts faits. On peut y voir l’essence du lien unissant un peuple avec ses dieux. Ces derniers n’existent qu’à travers le culte que leur vouent les simples mortels. Ainsi, le mythe rappelle le lien étroit et nécessaire qui unit le panthéon aux hommes. Seule la foi rend possible la victoire des dieux sur les monstres et les géants.

 

Publié dans:Etudes, L'Antiquité, Le Moyen-Age |on 10 mai, 2020 |Pas de commentaires »

L’esprit du viking

GuerrierCheval

Dans la Saga de Grettir, le personnage principal est en proie à la magie d’une vieille sorcière. Celle-ci a doté une souche de pouvoirs maléfiques. Les compagnons du héros, à la recherche de bois de chauffage, vont s’emparer de cette souche. Au moment de la fendre à la hache, Grettir se blesse la jambe droite. Gravement touché, il récupère miraculeusement mais garde le pressentiment que les choses empireront prochainement. Et en effet, lors de la quatrième nuit, alors que la plaie a bien cicatrisé, la jambe devient noire et enfle, en provoquant de grandes douleurs. Grettir comprend le maléfice dont il a été victime et déclame alors une visa de cinq strophes dont voici un extrait :

 

« Souvent l’estoc de l’épée

Changea les destinées dans la bataille,

Comme quand je défendis le foyer de bouleau

Vaillamment, gardien de Hrist,

Perdit le bois valeureux de la main ;

Björn et Gunnar laissèrent bientôt

L’existence et le repos. »

 

« Le foyer de bouleau » est la maison souvent construite de poutres de ce bois. « Hrist » est sans doute une valkyrie ; « son gardien » serait donc le guerrier. « Le bois valeureux de la main » est une image pour le bras. Grettir fait référence à ses hauts faits et à ceux de ses compagnons d’arme.

Au-delà des images poétiques fortes, il est intéressant de s’arrêter un moment sur l’abnégation et la résilience de l’esprit viking. Grettir comprend son sort et l’accepte sans déni ; il va même se battre jusqu’au bout pour affronter ses ennemis, en dépit de son maléfice. Ces valeurs sont redondantes dans les sagas et permettent d’appréhender les mentalités et les mœurs de ces peuples.

Publié dans:Etudes, Le Moyen-Age |on 2 mai, 2020 |Pas de commentaires »
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