Archive pour mai, 2020

Le dieu du tonnerre et son valet

ThorEtThjalfi

Dans la mythologie germano-scandinave, il est commun de voir les exploits guerriers du dieu Thor. Ce dernier apparaît de temps en temps accompagné d’un valet ou d’un second, lui permettant de vaincre complètement ses ennemis.

On retrouve sur certains tambours lapons dédiés aux chamanes, des figures de cette liaison entre la divinité au maillet et son valet. Le mythographe danois Axel Olrik en fait référence dans son étude Le dieu du tonnerre et son valet.

Dans un des mythes les plus célèbres, c’est Thjalfi, le valet de Thor, qui intervient favorablement pour lui attribuer la victoire dans le combat qui l’oppose au géant Hrungnir. Thjalfi arrive le premier sur les lieux du duel et alerte le géant que Thor envisage de surgir par la terre. Hrungnir, confiant, change donc l’emplacement de son bouclier pour le disposer sous ses pieds. Thor apparaît alors dans le ciel et peut aisément fracasser le crâne du géant. Certains pétroglyphes (comme illustré plus haut) évoquent cet épisode. La victoire de ce combat héroïque est due partiellement à la ruse d’un simple mortel.

On constate ainsi qu’à travers les supers pouvoirs d’une divinité, l’action de l’homme peut interférer dans l’issue de ses hauts faits. On peut y voir l’essence du lien unissant un peuple avec ses dieux. Ces derniers n’existent qu’à travers le culte que leur vouent les simples mortels. Ainsi, le mythe rappelle le lien étroit et nécessaire qui unit le panthéon aux hommes. Seule la foi rend possible la victoire des dieux sur les monstres et les géants.

 

Publié dans:Etudes, L'Antiquité, Le Moyen-Age |on 10 mai, 2020 |Pas de commentaires »

L’esprit du viking

GuerrierCheval

Dans la Saga de Grettir, le personnage principal est en proie à la magie d’une vieille sorcière. Celle-ci a doté une souche de pouvoirs maléfiques. Les compagnons du héros, à la recherche de bois de chauffage, vont s’emparer de cette souche. Au moment de la fendre à la hache, Grettir se blesse la jambe droite. Gravement touché, il récupère miraculeusement mais garde le pressentiment que les choses empireront prochainement. Et en effet, lors de la quatrième nuit, alors que la plaie a bien cicatrisé, la jambe devient noire et enfle, en provoquant de grandes douleurs. Grettir comprend le maléfice dont il a été victime et déclame alors une visa de cinq strophes dont voici un extrait :

 

« Souvent l’estoc de l’épée

Changea les destinées dans la bataille,

Comme quand je défendis le foyer de bouleau

Vaillamment, gardien de Hrist,

Perdit le bois valeureux de la main ;

Björn et Gunnar laissèrent bientôt

L’existence et le repos. »

 

« Le foyer de bouleau » est la maison souvent construite de poutres de ce bois. « Hrist » est sans doute une valkyrie ; « son gardien » serait donc le guerrier. « Le bois valeureux de la main » est une image pour le bras. Grettir fait référence à ses hauts faits et à ceux de ses compagnons d’arme.

Au-delà des images poétiques fortes, il est intéressant de s’arrêter un moment sur l’abnégation et la résilience de l’esprit viking. Grettir comprend son sort et l’accepte sans déni ; il va même se battre jusqu’au bout pour affronter ses ennemis, en dépit de son maléfice. Ces valeurs sont redondantes dans les sagas et permettent d’appréhender les mentalités et les mœurs de ces peuples.

Publié dans:Etudes, Le Moyen-Age |on 2 mai, 2020 |Pas de commentaires »

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