Archive pour avril, 2018

Le modèle celtique du polytechnicien

Dans la mythologie irlandaise celtique, le dieu primordial et lumineux Lug incarne l’omniscience. Il est l’inventeur de toutes les techniques et de tous les arts. Dans un épisode où Lug se présente devant la forteresse de Tara, il doit déclamer ses aptitudes au portier. Voici quelques extraits des échanges :

 » Qui êtes-vous ? demanda le portier.

- (…) Lug Lonnanslech (…)

- Quel métier fais-tu ?

- Je suis charpentier.

- Nous n’avons pas besoin de toi, répliqua le portier. Il y a déjà chez nous un charpentier (…)

- A ta question, ô portier, voici ma réponse : je suis un forgeron.

- Nous n’avons pas besoin de toi. Il y a déjà chez nous un forgeron (…)

- A ta question, ô portier, voici ma réponse : je suis un guerrier puissant.

- Nous n’avons pas besoin de toi. Il y a déjà un guerrier puissant chez nous (…)

- A ta question, ô portier, voici ma réponse : je suis joueur de harpe. »

et s’en suit une longue joute verbale où Lug s’annonce successivement être un guerrier habile et célèbre, un poète, un historien, un magicien, un médecin, un échanson, un bon ouvrier en bronze. Il est éconduit à chaque fois mais finalement propose au portier de demander à son roi  » s’il a chez lui un homme qui, à lui seul, sache tous ces métiers à la fois. Si un tel homme existe chez lui », Lug promet de ne pas entrer à Tara. C’est par cette dernière proposition que le dieu polytechnicien finit par pénétrer dans l’enceinte.

On devine dans ce passage mythologique un rituel ancestral où toutes les habiletés requises dans la société celtique sont exigées pour rejoindre un clan. Lug est le modèle celtique du polytechnicien. A noter que le terme « Lonnanslech » signifie le « multiple artiste ».

Publié dans:Etudes, L'Antiquité |on 30 avril, 2018 |Pas de commentaires »

Le marteau de Thor et sa fonction fertilisante

Mjollnir

 

Le dieu scandinave de l’orage, pourfendeur des géants, est Thor. Armé de son marteau (ou de sa massue primitive) qu’il nomme Mjölnir, il représente surtout à travers ses hauts faits des valeurs guerrières telles le courage, la vertu, la force.

Il apparaît cependant un glissement archaïque de la deuxième fonction dumézilienne (guerrière) vers la troisième fonction (agricole). En effet, si l’on prend en compte le phénomène climatique même de l’orage, il est évident qu’il est suivi de la pluie fécondante. Ainsi, sa fonction originelle de dieu de l’orage tient peut-être sa source dans une vision cultivatrice. D’ailleurs, plusieurs épisodes de la vie mythique du dieu le rattachent à la troisième fonction, comme par exemple sa quête du chaudron à brasser la bière des dieux dans le Hymiskvidha de l’Edda poétique (codex islandais du XIIIème siècle).

Dans le folklore suédois, le marteau était placé dans le lit des jeunes mariés pour favoriser la fécondité du couple. Cette tradition encore vivace au XXème siècle démontre l’importance de l’image du marteau rattachée à la notion de  fertilité.

Ainsi la symbolique du marteau est primitivement associée au phallus. Son évolution vers la fonction martiale tient au fait que la chevalerie germanique est restée longtemps l’apanage des hommes.

Publié dans:Etudes, Le Moyen-Age |on 28 avril, 2018 |Pas de commentaires »

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