Archive pour septembre, 2016

Les runes et les kenningar

runesBracteate

Beaucoup d’inscriptions runiques ont des objectifs magiques. La plupart utilise les métaphores et les tournures de phrases des kenningar pour opérer. On a déjà vu dans des précédents articles combien les rites magiques chez les vikings s’accompagnent de chants ou déclamations poétiques, difficiles à comprendre pour les profanes. Il est particulièrement intéressant de constater la polysémie de chaque rune dans des gravures récurrentes où il est question d’ésotérisme.

Par exemple l’inscription « ALU » composée des runes Ansuz, Laukaz et Uruz se rencontre dans de nombreuses gravures. Elle a de prime abord le sens de « magie ». Toutefois si l’on approfondit l’interprétation on se rend compte de la richesse du signe gravé et de ses nombreux sens qui prennent vie sous les injonctions (chant ?) du graveur lui-même. En effet, l’association des trois runes peut aussi s’identifier à une des boissons préférées des vikings : la bière. Il est d’ailleurs remarquable que l’inscription se soit retrouvée sur des cornes à boire et soit évoquée dans certains rites où la bière joue un rôle central comme dans un banquet d’intronisation d’un roi.

A cet égard, il convient de mentionner l’inscription runique  » LATHU LAUKAZ GAKAZ ALU ». Cette addition de six runes peut se traduire par  » invitation oignon coucou magie ».  Dans une interprétation odinique il apparaît évident que le coucou désigne la corneille du dieu Odin, car cette comparaison est souvent utilisé dans les sagas islandaises pour évoquer les attributs du dieu. L’oignon ou le poireau sont les symboles de viridité (croissance organique) du dieu Thor. Une gravure préconise d’ailleurs de jeter un de ces légumes dans la boisson pour se prémunir d’empoissonnement en consacrant la boisson au dieu Thor. La mention devient alors une invitation :  » Thor et Odin, envoyez-moi votre magie ! » ou  » Thor envoie-moi tes corneilles magiques ! »

Il y a donc un état d’esprit , une pensée développée autour des formules runiques. Elles concentrent une poésie en une formule lapidaire. L’exercice intellectuel de la formulation des kenningar est omniprésent pour comprendre le sens caché de ces inscriptions merveilleuses.

Publié dans:Etudes, Le Haut Moyen-Age, Le Moyen-Age |on 24 septembre, 2016 |1 Commentaire »

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