Réflexion sur le poème Beowulf

Le poème Beowulf dont nous avons déjà parlé dans le blog à plusieurs reprises (présentation du texte ici), devait être déclamé lors de banquets pour entretenir la mémoire collective des peuples auxquels il fait allusion. A l’intérieur du long récit se trouve le Chant de Finnsburh. Il consiste en un résumé (obscur et peu explicite) d’une aventure guerrière ayant survécu de manière fragmentaire et ayant été intégré au poème Beowulf.

Par delà les vertus de courage, de bravoure militaire, de compagnonnage on peut interpréter le déroulement des faits comme un mythe déguisé sur les cycles des saisons. En effet, plusieurs incohérences pour l’époque interpellent sur l’authenticité des hauts faits décrits. En tous les cas, elles soulignent l’utilisation des événements, qu’ils soient historiques ou non,  comme un support à une métaphore mythologique très forte chez les païens européens. Citons à titre d’exemple, l’incongruité de la cohabitation entre anciens ennemis ; elle apparaît  contraire aux valeurs des sociétés guerrières du Haut Moyen-Age. De la même manière le parjure des Danois qui violent l’accord de trève avec les Frisons et les Jutes en reprenant les hostilités lors de l’arrivée de renforts ne semble guère correspondre aux us et coutumes militaires de l’époque.

En dressant un parallèle avec le scénario archétypal du cycle des saison on y trouve les mêmes événements : l’histoire d’une femme (Hildeburh) enlevée que ses deux frères (ici deux chefs de clans : le roi Hnoef et Hengest) ramènent chez elle après avoir vaincu son ravisseur (ou époux, ici Finn). Cela est le cas dans l’antiquité chez Homère au travers de son récit de L’Illiade et la libération de Hélène dans la guerre de Troyes, dans le  culte des Dioscures (Castor et Pollux) qui réussissent à enlever les deux filles du roi Leucippos, …

Il semble bien que le mythe originel mette en scène un couple de jumeaux divins (Jour et Nuit ?), une femme enlevée puis reprise (l’Aurore de l’année) ou bien la fille du Soleil capturée par le dieu Lune.

Dans le poème de Beowulf, Finn est tué, son palais pillé et son épouse Danoise ramenée chez les siens, rappelant la lutte perpétuelle entre les saisons, le soleil, la nuit, l’été et l’hiver.

Publié dans : Etudes, Le Haut Moyen-Age |le 31 juillet, 2016 |Pas de Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

Ailant vers Fred |
Jamesye |
Lenversdessignesleblog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Manouch11poesies
| Envidelire
| Lettresinroses-bloglittéraire