La harpe symbole de la transe

Dieu à la lyre

Dagda est le dieu-druide dans la mythologie irlandaise. Voir à ce sujet l’article Dagda, un nom de dieu qui sonne fort. Un de ses attributs majeurs est la harpe qui peut jouer les  » trois  nobles airs ».

Le premier de ces airs est le « goltrai » en gaélique qui correspond à l’air de la mélancolie ou de la tristesse. Il plonge les auditeurs dans un état intense de chagrin et de douleur.

Le second est le « geantrai » ou l’air de la joie. Il est entraînant et festif,  et contrairement au goltrai il répand le rire.

Le troisième est le   »suantrai » ou l’air du sommeil qui endort tout son auditoire.

Ces particularités font écho à la tradition orphique dans la Grèce antique. En effet, Orphée le héros grec reçoit sa lyre de son père Apollon, qui lui-même l’a reçu de Hermès. Voici ce que rapportent les textes antiques sur la transmission de l’instrument d’Hermès à Apollon :

« Tu viens de me faire entendre des accords tout nouveaux et une voix admirable que jamais aucun homme, aucun habitant de l’Olympe ne peut égaler, je pense (…) d’où te vient cet art ? Quelle Muse peut ainsi dissiper les noirs chagrins ? Quelle est cette harmonie ? J’y trouve réunis toutes les voluptés, le plaisir, l’amour, et le penchant au doux sommeil. Moi-même, compagnon habituel des Muses de l’Olympe, ami des douces chansons, des accents mélodieux de la lyre et des accords des flûtes, moi-même je ne goûtai jamais autant de plaisir en prêtant l’oreille aux refrains que répètent les jeunes gens au sein des repas (…) j’admire quels sons merveilleux tu sais tirer de ta lyre. »

On retrouve les thèmes de la joie avec le plaisir et l’amour et également le thème du sommeil . Il est aussi question des noirs chagrins mais s’agit-il ici d’une particularité de la lyre ou d’un état propre et indépendant du jeu musical ? Difficile à dire. Quoiqu’il en soit, il apparaît une continuité à travers le continent européen sur les charmes de la harpe sous les doigts magiques d’un dieu, ou d’un demi-dieu comme Orphée. La transe dont va être victime l’auditoire de la musique représente un archétype européen mythologique. Le pouvoir musical décrit est en relation avec le chant sacré qu’on retrouve chez les Norrois lors de rites magiques favorisant la transe. Ainsi, la harpe qu’utilisait les bardes celtes devient un symbole d’un fond mythologique commun porteur de changement d’état.

Publié dans : Etudes, L'Antiquité, Le Haut Moyen-Age |le 1 novembre, 2015 |Pas de Commentaires »

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