La corne et sa double attribution

 

corne

Gjallahorn est littéralement le « cor qui sonne fort ». C’est l’attribut du dieu Heimdall dans la mythologie norroise. Il s’en sert pour sonner l’alerte de la fin du monde auprès des dieux.

D’autres sources décrivent Gjallahorn comme un récipient à hydromel autrement dit une corne à boire. D’ailleurs Heimdall est surnommé le « buveur de bon hydromel ». Ainsi la double attribution de la corne remonte à un lointain passé. L’archéologie a exhumé un grand nombre de cornes à boire depuis l’âge du fer et l’on sait parallèlement que les cors sont les plus anciens instruments de musique des germains. Certains passages de César et de Pline confirment l’usage très répandu des cornes à boire chez  les germains et les celtes.

La corne pourrait revêtir une fonction sacrée ; ainsi les cornes d’or de Gallehus retrouvées au Danemark revêtent incontestablement un caractère religieux. Cette fonction se reflète dans la mythologie islandaise à travers des cornes à boire qui parlent (saga de Thorsteinn). Le récipient devient instrument de musique. L’hydromel devient le son qui est émis par la corne. Ainsi il apparaît une ouverture sur la désignation de Gjallahorn : le cor qui sonne fort pourrait signifier le cor qui enivre l’esprit. Musique et boisson se trouvant mêlées dans un rituel sacré qui nous échappe mais qui laisse entrevoir ce que J. P. Mallory (A la recherche des Indo-Européens) découvrit sur les peuplades indo-européennes : la musique, le chant et la boisson étaient inextricablement liés dans les rituels religieux.

 

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