Les kenningar et leur spécificité païenne

Comme nous l’avons précédemment dit, les kenningar relèvent d’une société païenne. Tant par leur existence que par leur contenu. Historiquement ils sont attestés dans les sociétés viking avant christianisation ; leur sens fait référence à la mythologie dans la plupart des cas. Et surtout, ils disparaissent après l’évangélisation des sociétés locutrices. Le clergé aurait-il prohibé leur usage pour oublier définitivement les cultes précédents ? Ou mieux, pour faire disparaître les élites qui les utilisaient ?

Ainsi Snorri Sturlusson, homme politique d’Islande du XII ème siècle (et poète de surcroit) compila dans ses sagas et dans sa version de l’Edda, de très nombreux kenningar pour éviter qu’ils sombrent dans l’oubli. C’est grâce à son travail de mémoire et de conservation que nous pouvons aujourd’hui accéder à cette connaissance. Il voulait satisfaire deux passions d’ordre différents : la modération et le culte des ancêtres. Ainsi, il vient conforter notre théorie sur la spécificité païenne des kenningar. Le culte des ancêtres étant un aspect majeur du polythéisme européen. Et puis surtout il met en garde le lecteur dans un conseil qui à notre degré d’études ne nous surprendra pas.  » Cette clé (les kenningar) est destinée (…) à ceux qui cherchent le pouvoir d’entendre ce qui fut écrit avec mystère. Il convient de respecter ces histoires qui contentèrent nos ancêtres, il convient aussi que les chrétiens leur refusent toute foi. » Snorri nous dévoile ainsi la spécificité païenne de l’usage des kenningar. Cela corrobore l’idée qu’ils consistaient en une élocution codée destinée à un auditoire averti et que leur dimension religieuse ait dérangé l’Eglise lors de son avènement.

 

Publié dans : Etudes |le 2 janvier, 2014 |Pas de Commentaires »

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